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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/283

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souvenirs

VIII


Celui-ci, je l’ai connu tout jeune et presque tout petit. Il était blond et frisé, il reste presque tel avec quelque barbe en plus — une jeune barbe, comme on dit dans son pays qui est le mien.

Plutôt petit et gros, pour ainsi dire, et bien que n’aimant les femmes que juste comme il faut, néanmoins celles-ci semblent raffoler de lui, pour la plupart du moins. Mille exemples pourraient paraître confirmer cette opinion que d’aucuns seraient susceptibles de formuler en hypothèse.

Mais quittons ces terrains vagues, et proclamons que c’est dans l’espèce le meilleur des garçons, bien qu’un des plus fins d’entre eux — des plus fins et des plus naïfs dans le meilleur sens du mot. Aussi faut-il le voir, maître dans une des plus grandes et plus illustres institutions de Paris, avoir pour ses élèves, tour à tour, des condescendances, quasi des tendresses, bonnes s’entend, et les sévérités qu’il sied. Voyez-le conduire au prochain lycée sa « bande à Mandrin », mutins écoliers riches déguisés en petits basques