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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/277

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souvenirs

bon, cher gamin que j’eusse alors embrassé fort et fort, à t’en transmettre mon âme d’homme, mon âme de patriote ausi.


IV


Nez à la Saint Charles Borromée, moins grandiose toutefois que celui de cet illustre confesseur. Une fenêtre de l’appartement, située au rez-de-chaussée, donne sur la fin d’une rue en pente, aboutissant à une grande artère, comme on dit. Des marchands des quatre saisons et autres glapissent et chantonnent, tout un populo s’écoule : mitrons, trottins et le reste. En face de l’humble maison à cinq étages, siège un hôtel point somptueux, mais en quelque sorte diplomatique à force d’héberger de vagues portugais américains et d’étranges belles exotiques. C’est en été : la fenêtre est ouverte. Le jeune homme pioche une version grecque ou un thème latin. N’importe ! Toujours est-il qu’il s’ennuie, ou que, du moins, il assume l’air de s’ennuyer. Cependant, il fait chaud : les passants sont intéressants ; l’hôtel d’en face exhibe à travers des fenêtres ouvertes des nourritures appétissantes