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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/273

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souvenirs

tablier blanc et bleu d’écolier que j’eus aussi, ii pitoyable, toi, à son malheur du moment, si bien peigné, si affectueux danns ta question : « au moins vous ne vous êtes pas fait trop de mal > », que, ô enfant, il te bénit dans le secret de son cœur.

Plus tard tu deviendras méchant, ô non ! mais mauvais, et auras oublié cette anecdote…

Bah ! le bon Dieu qui voit tout t’aura su gré de ce mouvement vers la pitié et tu seras, enfant, béni dans ta postérité si tu dois en avoir une ou alors et certes dans cette œuvre, la meilleure entre les tiennes, je l’atteste, pauvre, doux, cher petit garçon, angélique témoin, — tels Jésus les aimait et les aime — de nos chutes affreuses, mais consolées par un regard, par un mot naïf et que ce trop lourd monsieur, PAR EXEMPLE, serait criminel de ne pas recueillir pieusement dans son cœur noir qu’éclaira pour toujours le tien si doux, bon petit homme inconnu qui ne liras jamais sans doute ces lignes, mais que Jésus reconnaîtra et confrontera avec l’à-jamais consolé par toi.

Au revoir, petit. Le plus tard possible, mon frère, plus jeune en cette chair.