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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/268

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CONTE PÉDAGOGIQUE


Il y avait une fois, — quelle fois ? — dans une grande ville, — quelle grande ville ? — trop d’enfants. Ces enfants, en outre, étaient trop sages. Les parents ne s’en plaignaient pas, tant s’en faut ; et c’était plaisir que de voir un intérieur de cette ville-là à l’heure de la rentrée de l’école qui était celle du dîner : toute la petite tribu rentrant après avoir déposé soigneusement galoches et socques et s’attablant en chaussons, chacun à sa place, mangeant et buvant sans bruit, causant juste autant qu’il fallait et jouant bien paisiblement jusqu’au moment d’aller au lit après un baiser affectueux et respectueux à leurs père et mère.

Mais l’État voyait cela d’un mauvais œil et ne connut de cesse qu’il n’eût tiré, d’où ? un affreux bonhomme à grosse moustache grisonnante cirée