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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/262

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L’OBSESSEUR


Je ne sais ma foi pas trop pourquoi ma mémoire se reporte à un temps si ancien sur un objet au fond si peu intéressant pour elle qui en a vu tant d’autres.

Quoiqu’il en soit, je veux me débarrasser de cette espèce de préoccupation, en mettant sur le papier la très simple histoire que voici.

J’étais pensionnaire à l’institution… qui nous conduisait deux fois par jour au lycée… Sans grandes relations avec mes camarades, pour la plupart garçons assez insignifiants, deux pourtant d’entre eux attirèrent bientôt mon attention, non point par leur amitié, car ils n’avaient pas l’air de se plaire beaucoup, moins encore pour leurs sympathies, leurs goûts communs, car ils ne semblaient s’entendre sur quoi que ce soit, ni même par leurs habitudes courantes, ou