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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/258

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souvenirs

morale de ton seigneur et maître ! Et tu as abattu d’une épée insoupçonnée réputation, paix, espoir et toute la vie meilleure qui, sans cette froide trahison par ton cœur, pourrait encore avoir surgi du tombeau de la querelle, et trouvé une plus noble fin que cette séparation !

Mais de tes vertus tu as fait un vice, trafiquant d’elles dans un froid dessein pour la colère présente et l’or futur, — et achetant à tout prix le chagrin d’autrui !

Et une fois entrée ainsi dans les voies tortueuses, la jeune vérité qui lit autrefois ton juste éloge n’a plus marché à ton côté.

Mais par moments, avec une poitrine inconsciente de leurs propres crimes, les mensonges, les incompatibles responsabilités (dverments), les équivoques et les esprits de derrière la tête (Janus), l’œil significatif qui s’apprend à mentir avec le silence, la Prudence, prétexte avec les avantages y attachés, l’acquiescement à tout ce qui tend, n’importe comme à la fin désirée,

Tout cela trouve sa place dans ta philosophie.

Les moyens furent dignes et la fin est atteinte.

Mais je ne voudrais pas faire comme tu as fait.