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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/253

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souvenirs

quelques instants du coin de l’oeil, sûr de quelque chose de marque, et des mouvements spontanés naïfs du personnage. Un « dévot » pour ces gens-la n’existe pas, même chez lui, à L’église. Point de gêne avec lui plus qu'avec un bon chien ou ces témoins indulgents, les chats. L’homme regardait les choses du bras de croix gauche par où il était entré : le royal baptistère, son triptyque sans prix, sa conque énorme de marbre noir veiné, merveilles vraiment. Se retournant, il contempla sans y rien comprendre, pauvre être ! le monument de saint Benoit Labre (saint Benoit Labre, la seule gloire française du XVIIIe siècle, mais quelle gloire ! et comment désespérer à jamais d’un pays à tels saints ? mais aussi quelle pierre d’achoppement pour les cervelles titubantes de tous libres-penseurs, grands ou petits !) puis ses yeux s’élevèrent sur le Calvaire immense, un crucifix comme militaire dans sa torsion vigoureuse avec son long noir côté de cheveux pendant presque en tresse comme une cadenette, — aux ex-voto sans nombre et, au bras de Croix, un saint Jean et une Vierge enluminés d’un effort savamment naïf. Il traversa ensuite, sans même s’incliner devant le maître-autel, mais savait-il seulement qu’il dût le faire ? et s’en allait examiner, dans l’autre bras de Croix de la basilique, l’autel du