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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/244

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souvenirs

des voies publiques de leurs villes, s’il n’existait, tout à côté, une autre place beaucoup plus vaste encore, exactement dans les mêmes proportions et dans le même style. Une seule maison y fait disparate, mais c’est une exquise relique du Moyen Age et d’ailleurs elle ne jure que tout juste avec ses voisines, étant également, dans son genre, à arcatures et à pignon. Une récente mesure administrative a jeté bas, pour d’idiotes modifications de voirie, à l’angle gauche de cette place, nommée la « grande place », bien justement cette fois, deux maisons du style commun aux deux places et à la courte rue qui les relie entre elles.

En fait d’autres places, il faut signaler celle « de la basse ville », ample cirque aux élégantes constructions, qu’ « orne » un obélisque… du siècle dernier ; celle « du théâtre », témoin des affres de 93. Le théâtre, élégamment insignifiant à l’extérieur, renferme une salle très coquette (XVIIIe siècle) et d’une acoustique parfaite. De vieilles maisons, malheureusement déshonorées par des toits récents et accommodées aux « nécessités » du commerce moderne, méritent toutefois que l’on s’arrête à leurs sculptures. D’autres places sont banales et, si nous parlons de la halle au poisson, c’est à cause de la ligne demi-circulaire des maisons qui l’entourent en