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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/238

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souvenirs

quelle brûlent sans cesse des cierges sans nombre. De fréquents miracles attestés par de riches ex-voto récompensent chaque jour la dévotion très fervente des habitants de la contrée et des pays circonvoisins à la Mère de Dieu honorée en son sanctuaire.

L’église Saint-Nicolas, une Notre Dame de Lorette presque aussi lourde, a pris la place de l’ancienne basilique si désastreusement disparue, parmi une assez belle plantation d’arbres destinée à masquer l’immense nudité de l’emplacement cathédral et claustral : un très beau calvaire et de curieux vieux tableaux décorent l’intérieur de cette pièce montée grecquo-italienne.

Un architecte de génie, M. Grigny, mort sous le second Empire, construisit en 1866, dans le quartier pauvre de la ville, l’austère église Saint-Géry, œuvre du plus pur XVIIIe siècle, que son clocher à jour signale au loin dans la campagne. L’harmonie des trois voûtes, l’éclairage admirablement aménagé bien que sobre à dessein, le mobilier parfait et de très belles sacristies recommandent cet édifice à l’admiration attentive du passant sérieux. Une merveille, d’auteur inconnu, sauvée à grand’peine du pillage des couvents en 92, suffirait à y attirer des foules. C’est un grand crucifix de bois peint des plus bizarre