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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/235

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souvenirs

déclara aux malades la vertu d’icelle, et les exhorta d’en boire en grande reverence, et avec ferme confiance en Dieu : puis leur en donnèrent à boire, et en lavèrent leurs charbons et ulcères, et ils en sentirent soudainement grande allégeance de leur mal, tant par dedans aux parties nobles qui se gastoyent par une si ardente inflammation, que, au dehors de leurs membres qui estoyent ja à demy pourris : ils estoyent lors environ cent et cinquante malades et furent tous guaris hors mis un pauvre mal advisé, lequel, mesprisant ce divin remède, osa témérairement desboucher qu’il aymeroit mieux du vin, et autres semblables propos par desdain et contemnent. De façon qu’il devint si embrasé de ce feu sacre que tout après il en mourut comme à demy forcené.

« Achevé qu’ils eurent, toute l'assemblée se mit à louer et magnifier Dieu et ses oeuvres tant admirables. Et comme le clergé estoit ja arrivé à l’église pour chanter l’office divin, l’evesque commença le cantique spirituel de Sainct Ambroise et Sainct Augustin, duquel la Saincte Eglise se sert pour action de grâce, Te Deum laudamus, etc. Il fut chanté en musique mélodieuse, avec une indicible esjouissance et allégresse de tout ce peuple, qui avoit reçu la guérison tant désirée.