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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/221

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souvenirs

lora du fameux massacre, avec ma mère qui s'y promenait en curieuse, comme tout le monde, et nous n’avons été ni elle ni moi, ni passablement de gens, maisons-allandrousés. Il esl vrai que le Coup d’État ne m’a pas rapporté autant d’argent de copie qu’à M. Auguste Vaquerie, de qui j’admire fort, entre parenthèses, le si amusant Tragaldabas et cette adaptation des plus réussies de Calderon, les Funérailles de l'Honneur, mais qui n’est pas mort du tout percé de balles, sur le perron de Tortoni non plus. Mais me voici bien loin de mon sujet qui est de passer en revue les divers tabernacles, ô mon Dieu, où l’on nous adore en esprit et en vérité, avec lesquels ma vie m’a mis en quelque rapport, — tant ce Paris est profane !

Mon tout premier souvenir parisien, sous le rapport des fréquentations d’églises, est pour l’épouvantable Sainte-Marie des Batignolles et pour la Trinité en bois de la rue de Clichy où j’assiste à des froides ou moites messes basses, concurremment avec la chappelle des catéchismes de la rue de Douai, qui est donc quoi devenue, depuis le temps ? Ma famille me conduit à la première et ma pension un peu plus tard aux deux autres. Guère de dévotion, moi. Je m’ennuie simplement, sans plus rien comprendre à ce qui se passe que la majorité