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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/219

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ENFANCE CHRÉTIENNE


Et tout d’abord salut à la pauvre chapelle de Sainte-Agnès, dans la vieille et bonne et belle ville d’Arras ! Elle fut paroisse après que la Révolution eut démoli la plupart des églises et l’était encore lorsque mes parents s’y marièrent. D’elle date, par conséquent, ce que j’appellerai ma conception mystique et c’est pourquoi je commence par l’honorer en tout respect attendri. Pauvre d’architecture et d’ornement, c’est comme une église de village, en raccourci, crépie à la chaux, garnie de deux ou trois naïfs tableaux et de quelques statuettes sans mérite. De minces voix d’orphelines, depuis qu’elle est redevenue la chapelle d’une congrégation enseignante, y retentissent en fins cantiques, et de frais saluts, aux fêtes, enflamment et fleurissent son humble autel.