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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/208

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souvenirs

lignes, horreur ! pour, ô que bénévole dévorateur de ma prose, un peu vous faire partager mon ennui de les écrire — et d’écrire en général ! Est-ce assez satanique, dites ?

Et puis, — il y a un « et puis » — le Mensonge ne marque-t-il pas foncièrement le Maudit et les suppôts dudit ? Et qu’est-ce que je viens de vous envoyer là, sinon la plus effrénée, la plus effrontée, la plus fallacieuse et pernicieuse et fellatrice et délétrice contre-vérité ? Car j’aime férocement, sachez-le, peuples des continents et des îles, j’aime, en vieux Parnassien, en, paraît-il (tant que ça ?), symboliste inexpecté, cette gueuse entre les gueuses, cet ange par-dessus les Archanges, la nommée Littérature, c’est-à-dire les Lettres. Or, les primes Lettres proférées dès l’aurore de ce monde, après tout bon, furent, souvenez-vous :

Fiat lux !

Si bien que, de fil en aiguille, mon très profondément prémédité, vénéficiard, préjudiciable et envoutementesque discours est ourdi juste à l’encontre de mon dessein, et que le Diable, encore une fois, comme en ce Papefiguière dont nous informent François Rabelais et Jean de La Fontaine — déjà nommé, — c’est la saison des