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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/200

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souvenirs

ses sensations. Et que de nuances, d’intéressantes et pourtant, pour parler ainsi, cousines divergences parmi ces variées manifestations de la vraie âme démocratique qui a bien, elle aussi, avec ses prétentions, dès lors absurdes, à l’absolu dans la justice, liberté, égalité, fraternité, et autres formules, avec ses préjugés voltairiens sans le savoir et tous ses sots emballements vers quel idéal pour « travailleurs », ses délicatesses, ses exquisités, sans compter ses ridicules, combien innocents et gentils à force d’être intenses ! D’abord, ce qui caractérise ces fêtes, ces véritables fêtes bihebdomadaires pour ces pauvres braves gens, c’est le nombre du personnel, je veux dire du public. Il y a des lits autour desquels j’ai vu, pas plus tard qu’hier, une bonne quinzaine au bas mot de camarades d’atelier, en dehors bien entendu de la bourgeoise et des gosses. Et c’était tellement encombrant qu’un d’entre la société, en manière d’apologie, encore que d’autres lits fussent quasiment aussi circonvenus, s’écria : « C’est rigolo. On dirait un enterrement. — Moins le bistro », observa doucement le malade en gaieté d’avoir tant de sympathie, peut-être un peu curieuse, autour de lui. Et, les trois heures sonnant, heure de la sortie, tous ou presque tous, en lui serrant la main, de lui remettre qui un paquet de tabac, qui quelques cigares insépa-