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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/198

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souvenirs

que la Destinée m’ait gâté et me gâte encore sous ce rapport-là. Il me semblait que c’était un reste de ma jeunesse qui s’envolait. Il me souvenait d’avoir, vingt-deux ans auparavant, accompagné un autre cercueil, aussi illustre, mais combien triste ! avec sa trentaine de suivants, dont précisément Banville, resté fidèle à son ami Baudelaire. Je menais en quelque sorte le deuil avec l'éditeur Lemerre ; hier, n'était-ce pas l'éditeur Vanier sur le bras duquel je m’appuyais ! Simple coïncidence, mais fatalité tout de même, preuve et « sigille » (dirait l’ami Moréas) de ma fatale inféodation à cette tant aimée coquine de littérature pour laquelle avait tant et si victorieusement fait là jamais disparu bon Poète !