Ouvrir le menu principal

Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/195

Cette page a été validée par deux contributeurs.
185
souvenirs

l’assistance que nous étions et l’allait coucher, cependant que nous prenions des gâteaux et le thé au rhum traditionnel. Banville revenait et la conversation devenait plus vive sur l’invitation du « patron » :

— Et maintenant, Messieurs, nous allons fumer des cigarettes comme un tigre ! Ceci ponctué d’un index en l’air, geste si gentil, mais combien contagieux ! Car tous, du Parnasse contemporain, plus ou moins que nous sommes au fond, avons conservé cette manière d’accentuer nos phrases, Mendès, Coppée, votre serviteur et tant d’autres ! C'est vers ces heures que l’on voyait Banville tirer de la poche de son veston de velours une simple casquette de soie qu’il campait gaminement sur une tête peu chevelue déjà, comme l’expriment d’ailleurs ces vers exquis :


Banville porte un front qui n’a rien de commun :
À tort il l’accompagne
De trois crins hérissés avec fureur, comme un
Savetier de campagne.

Et les malices, et les bonnes méchancetés, de pétiller en paradoxes éblouissants, sans, je le répète, aucun fiel au grand jamais. Parfois, un violent coup de sonnette, suivi de L’apparition de l’immense Glatigny, retentissait. Le poète de