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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/186

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souvenirs

Ô la plaisante ville aux carillons si doux, si berceurs, pour qui sans nul doute furent faits ces vers, dès lors ressuscités pour moi, de Victor Hugo :

J’aime le carillon dans tes cités antiques.
Ô vieux pays gardien de tes mœurs domestiques.

Ô l’aimable cité, dormante et non pas morte, suivant le bien trop pessimiste Rodenbach ! ô ses canaux sans navigation, mais non pas sans cygnes ! ô le tout petit béguinage, et le tout petit musée de l’hôpital (si amusant de calme et de bonne vétusté) et quels Memlings ! et ô surtout — même après les hautes tours et les maisons bellement bizarres, parfois presque ou tout à fait mystérieuses, même après tout cela, — le Musée de dentelles, qu’il faudrait la main d’une belle dame qui serait fée pour oser décrire…

Ce devait être ma dernière impression de Belgique entre mille autres charmantes de la part des choses… et encore plus, s’il est possible, des gens.

Aussi, à une dame d’ici qui me boudait un peu depuis mon retour, — pourquoi, mon Dieu ? — ne pus-je m’empêcher, vieux fou que je suis encore et déjà, de dire… sur son album :

On fait de la dentelle à Bruges,
Mais on fait risette à Paris.