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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/185

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souvenirs


enterrements ; corbillard où « tant d’or se relève en bosse » qu’on n’y saurait consentir au premier abord, lanternes aux quatre coins comme pour un gala, et sur le cercueil, un drap rouge et or. À la longue, on s’habitue à ces pompes funèbres qui, du moins, symbolisent — un peu prématurément, possible — la gloire éternelle due… pourtant au seul juste devant Dieu !

Liège, que j’avais vue aussi, — tenez, le jour même de la chute de M. Thiers en 1873, cela ne me rajeunit guère, et Dieu sait quel bourvari dans cette ville toute française (ou croyant l’être) ! — Liège, elle, n’a pas changé. Du reste, pourquoi l’aurait-elle fait ? N’a-t-elle pas toujours, outre ses monuments, son palais de justice et ses curieux cloîtres, ses bords admirables de Meuse et son Mont-de-Piété, qui vaut le voyage ? C’est peut-être, en plein pays wallon, l’échantillon le plus flamand de toute la contrée, y compris Amsterdam lui-même.

Mes huit conférences projetées se trouvant terminées juste à la veille de la mi-carême parisienne, et la mi-carême belge n’éclatant que le dimanche « ensuite », moi qui n’aime plus ces fêtes beaucoup, je résolus d’accomplir un des plus chers (et bien modestes, vous allez voir) vœux de ma pauvre vie, je résolus de passer ce jour… et le suivant à Bruges.