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mes hôpitaux

-noyade, dans cette Marne, la misère dite noire. La seule branche de saule frémissante, la planche providentielle unique, flottant encore un peu à portée, ce va encore être l’Hôpital, grâce à la maladie qui se cramponne, bonne mais lente pourvoyeuse à la Camarde.

Et allons-y pour la troisième et quatrième et quantes fois de l’immeuble sur pilotis, abattoir extérieur, intime chapelle méthodiste. Changement de service. Des vieux, cette fois des chroniques comme on parle ici. (Chroniques, c’est presque saturniens, ça.) Eh bien ! vive les vieux ! Ils ont leurs inconvénients surtout physiques, mais on les leur passe, en vertu de leur moral qui, au fond, étant, ici, peuple et simple, se trouvant peu chargé d’instruction et de lecture, ravit par son initiale et presque intacte sagesse et son expérience des faits, de faits attestés par leurs maux mêmes, tant tristement ridicules soient ces maux, parfois, et par


« La grande misère
Du pauvre juif errant »


que tu es, peuple qu’on pousse et qu’on abuse et qui t’insurges, toujours vaincu, le vaincu des balles et de la privation dans l’esquintement.

Mais ne voilà-t-il pas que le poète vient de faire du socialisme impossibiliste et on en demande pardon