Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, IV.djvu/351

Cette page a été validée par deux contributeurs.
341
mes hôpitaux

eh, mes pauvres enfants, avez-vous vous-même eu bien souvent cinq cents francs à votre disposition ! Et vous figurez-vous quel trouble, quel littéral coup de gond dans une âme d’artiste peut-être, de déclassé, qu’une pareille misérable fortune « à emporter le paradis d’un seul coup » ? Ne paraît-elle pas toute dictée, cette conduite au premier abord absurde à d’anciens désespoirs invétérés, mépris de 1’avenir, dégoût du passé, indifférence pour une vie qui va, certes ! recommencer plus âpre et plus désolante…

Les jours s’écoulent. À la porte les convalescents, voire « béquillards » ! Il y a une fin à tout. Les plus pauvres vont passer trois jours dans une vague annexe où on est censé leur chercher du travail.

Les autres se répandent par la ville en quête d’un ouvrage qui se cache et d’une santé en déroute, chauves-souris de l’hiver parisien dont les hirondelles, selon des romances, seraient les petits ramona.

Clic, clac ! fouette, cocher ! Les deux voitures de l’administration, bondées de « convalescents », franchissent les grilles de la cour d’honneur…

Au revoir, camarades ! — ou adieu, alors !


IV


Et voici le plongeon, le débat dans les roseaux, presque l’anéantissement, mi-enlisement, mi-