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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, III.djvu/85

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dans les limbes


Tu parus ! Je naquis sous la prunelle,
Du sang me battit, de la chair me vint,
Par degrés rapides une éternelle
Amour m’investit qui vivait pour vingt.

Amour de latrie et d’idolâtrie
Où s’épura mon pauvre orgueil lettré,
Où la vérité rude, mais chérie
À force de bonté m’a retiré.

Du rêve égoïste et me fait le frère,
Non, le cerf que tu daignes fraternel,
L’esclave de ta volonté sévère
À juste titre en son vœu maternel

Presque, puisque tu me diriges, guides,
Protèges encontre le monde, aussi
Contre moi-même, ô trop, que trop rapides
Délices ! Conjugal, ce vœu si tien ! Si

Que je peux dire, moi, que je t’adore,
Toi qui, comme le Créateur géant,
M’as, plus puissante et meilleure encore,
Tiré de toutes pièces du néant.