Ouvrir le menu principal

Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, III.djvu/49

Cette page a été validée par deux contributeurs.


XII


 
Certes il fut traversé traverseras-tu,
Ce mien, dernier amour, mon arrière-vertu,
Mon ultime raison, mon excuse suprême
De vivre et d’être un homme et de rester moi-même,
Traversé traverseras-tu dans que de sens,
Combien de fois ! depuis les soirs presque innocents
À force de candeur dans l’entier badinage
Où se forma cette union, notre ménage
Bizarre, intermittent, plein de lutte et de jeux,
Jusqu’à cet aujourd’hui nuageux, orageux,
Courageux après tout, vécu comme en campagne
Avec tel quel air de malheur qui l’accompagne,
Pour le saler et le poivrer conformément
Aux besoins du moment en fait de condiment.
Malentendus dès les premières fois, querelles
Souvent, disputes très souvent, graves, car elles
Avaient pour sanction, las ! des brutalités
Pas toujours tiennes, nos pénates désertés