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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, III.djvu/44

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X


 
Dans le peu de défauts dont je suis incapable,
Compte celui d’une jalousie implacable
Envers toi, mon Mensonge aimé qui m’a dompté,
Jusqu’à m’être un tel parangon de vérité
Que quand tu sors, belle, habillée, et pour des heures,
Prétexte, fourberie, astuces, feintes, leurres,
Tu me dis : « Je fais une course », et je te crois.
La foi du charbonnier, même plus qu’en la Croix,
Étant la mienne en toi, certes tu peux sans crainte
Ah ! tu le sais ! jouer de moi qui le crois sainte,
Et quand tu fais semblant d’issir en négligé,
Me narguant d’un : « Je vais voir des amants que j’ai » ;
Lors je ne te crois pas, sûr, certain que tu railles.
J’aimerais moins suivre mes propres funérailles,
Dans un cas de malheur (c’est si je te perdais)
Que celles qui me traiterait de dadais.
De dupe et mettrait bien à nu tes félonies,
Et je le traînerais, cet être, aux gémonies !