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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, III.djvu/42

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élégies

Cependant que mon âme, encore qu’en état
De péché très grief et d’extrême attentat,
Aspire au Ciel conquis par quels soins nécessaires !
Et s’exhale en accents qu’on veut croire sincères
Et qui valurent même à cet infime moi
Les suffrages sans pair des gens de bonne foi…
Un baiser prolongé (Qu’arriva-t-il ensuite ?
Dame !) mit ta logique et la morale en fuite,
Mais quoi ? l’objection restait, et maintenant
Que je suis de sang-froid, et frais et raisonnant,
Causons

CausonsC’est vrai qu’à la suite de douleurs grandes,
De malheurs mérités, d’ennuis, toutes offrandes
À ce monde mauvais où s’incarne Satan,
Ayant enfin courbé le front du vieil Adam
Devant la vérité patente de l’Église,
J’adorai Jésus qui l’incarne et réalise.
Et j’entendis ce culte au culte extérieur.
Nul ne pratiqua plus que moi, nul au rieur
Imbécile qu’hélas ! est le Français en masse,
Ne cracha le respect humain mieux sur la face.
Communiant à peu près tous les jours, d’esprit,
Sinon de fait toujours, — et chaste (bien m’en prit).
Sobre (il n’était que temps), plus perfide ni brute.
Je tournais saint, je crois. Le malheur c’est qu’en butte
Dès lors aux vrais dévots comme aux prêtres sans foi,
À quelque exception près — je m’enquis pourquoi