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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, III.djvu/33

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VII


Enfin c’est toi ! Laisse-moi rester dans tes bras ;
Puis tu m’objurgueras tant que tu le voudras ;
Mais laisse-moi pleurer dans ton giron, que sais-je ?
Sur les pieds, vers tes yeux ou mon remords s’allège ;
Mon remords véritable, ou ma honte plutôt,
Ma honte véridique à n’en point perdre un mot,
Et voici, non pas mon excuse… superflue !
Voici les faits, et juge :

Voici les faits, et juge :Or, un jour de berlue,
J’avais, toi là, lorgné quelque minois passant.
Tu m’en fis l’observation en te gaussant.
C’est vrai, mais non sans quelque amertume latente,
Du moins pensais-je ainsi, moi toujours dans l’attente
De tous les sentiments qu’ils soient bons ou mauvais,
Pour m’en désespérer ou m’en réjouir, mais
Passons. Et me piquant au jeu, je jouai double,
D’abord plein de scrupule, ô conscience trouble !
Puis délibérément, sans pudeur, à ton nez
(Adorable pourtant), et mes vœux étonnés