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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, III.djvu/31

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élégies

Sur le mol clavier de mes contemplations,
Tant et si bien que je craindrais que nous fissions
Des bêtises, puisqu’on nomme ça des bêtises
En ce jourd’hui que je veux tout en teintes grises,
Bondé de convenance et soûl de chasteté.
Or ces simples mains-là qui n’ont jamais ganté
Que fourrures l’hiver et que mitaines vagues
L’été, s’abstiennent de l’éclat bourgeois des bagues,
De même que ton cou dédaigne les colliers
Et que ton pied faisant fi des jolis souliers
Qu’une câlin maigre use en courses libertines,
Brave, se cambre au cuir martial des bottines.
Et que le jersey pur et souple rampe au corps
Que j’adore, et non plus tels falbalas discords.


Mais quoi ! j’ai dit : « négligeant d’être belles » d’elles.
J’ai menti, Je parlais, je crois, de citadelles
Conquises tout à l’heure et de combats livrés.
J’allusionnai lors, et cela de très près,
À la défense par ces mains de tel corsage.
De telle jupe ayant trop voulu rester sage
Et je leur en voulais et j’ai menti. Du moins
Je me suis à dessein mal exprimé : Témoins
Sont tes yeux que tes mains sont belles et très belles,
Et les miens donc ! Et je les baise comme telles
Cent et cent fois le jour et presque autant la nuit,
Mais trop belles, non pas, car en tout l’excès nuit.