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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, III.djvu/240

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III


Après tout, ils ont sans doute raison,
Puisque notre vie est aux trois quarts faîte ;
C’est à nous de leur céder la maison,
En nous réservant toutefois le faîte.

La jeunesse, hélas ! aime à triompher.
Nous fûmes aussi triomphaux et jeunes.
Sans plus qu’eux de pente à philosopher.
Bah, qu’ils aient la faim, nous aurons les jeunes.

Qu’ils gardent Ibsen ! Nous, c’était Hugo.
Qu’ils soient tant et plus, nous restons les mêmes.
N’étant pas trop vieux, n’allons tout de go
Pas encor songer aux plongeons suprêmes.

Laissons-les grandir. Leur art mûrira :
Ils ne viennent que d’entrer dans le temple,
Et notre mort pleurée approuvera
Ceux à qui nous avons donné l’exemple.