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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, III.djvu/24

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IV


Notre union plutôt véhémente et brutale
Recèle une douceur que nulle autre n’étale,
Nos caractères détestables à l’envi
Sont un champ de bataille où tout choc est suivi
D’une trêve d’autant meilleure que plus brève.
Le lourd songe oppressif s’y dissout en un rêve
Élastique et rafraîchissant à l’infini.
Je croirais pour ma part qu’un ange m’a béni
Que des Cieux indulgents chargeraient de ma joie,
En ces moments de calme où ses ailes de soie
Abritent la caresse enfin que je te dois.
Et toi, n’est-ce pas, tu sens de même ; ta voix
Me le dit, et ton œil me le montre, ou si j’erre
Plaisamment ? Et la vie alors m’est si légère
Que j’en oublie, avec les choses de tantôt.
Tout l’ancien passé, son naufrage et son flot
Battant la grève encore et la couvrant d’épaves.
Et toi, n’est-ce pas, tu sens de même ces graves