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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, III.djvu/218

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CIV

À LÉON DIERX


Dierz le volt.


Dierx ! dont le nom fait pour la gloire sonne clair
Comme une bonne épée en la main d’un héros.
Qu’avons-nous de commun, nous, rois avec ce gros
De rustres s’en allant en guerre de quel air ?

Nous, rois de l’infini, du Ciel et de l’Enfer
Qu’Héphaistos a vêtus et que délace Eros,
Et qui, de tous les dieux, de Corinthe à Paros,
Avons fait nos égaux, bronze et marbre, or et fer !

Car le poète, enfin vainqueur et hors aux foules,
Comme Poséidon met du geste un frein des houles
Et règne, tel que Zeus, d’un pli de ses sourcils.

Hélas ! c’est faux de moi, tige au plus qui fleuronne,
Mais, ô vous, calme ennui de splendides soucis,
Portez, olympien, le nimbe et la couronne.