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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, III.djvu/21

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III


D’après ce que j’ai vu, d’après ce que je sais,
D’après ce que je crois, nuls n’ont plus de succès,
Ou n’en eurent, ou n’en auront, si c’est ma veine.
Auprès de toi, sinon ceux simples et sans gêne :
Tel un moi qui serait plus jeune, au moins de corps,
Quoique je ne me mette pas au rang des morts
Encore ou bien déjà, n’en déplaise aux quarante
Et trop d’ans qui sont, las ! ma seule sûre rente.
Oui, j’ai cru remarquer, tu m’as insinué.
Je fus le témoin, mal, ô mal habitué,
Qu’en effet ton regard qui compte ce mérite
Entre tant, d’être franc au point que s’en irrite
L’espèce de jaloux que parfois je serais
Si je ne me faisais aveugle et sourd exprès,
Que ton regard, disais-je, allait de préférence
Aux hommes de carrée et de ronde apparence,
Plutôt qu’aux freluquets à l’air godiche ou sec,
N’ayant pour eux que gros cigares, chers, au bec,