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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, III.djvu/205

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XCIII

À LA MÊME


III


Ah ! d’être houreux puisqu’on le peut, puisque la vie
Tumultueuse nous a tué toute envie
Autre que d’être calme en un lieu calme enfin !
Nous boirons quand nous aurons soif. Quant à la faim,
Des repas frugaux mais nourris sauront l’éteindre.
Que nous dussions jamais l’un ou bien l’autre atteindre
Aux splendeurs, aux sommets, nous en désespérons,
En nous aimant plus fort, nous nous consolerons.
Les dimanches et jours de fêtes, car tu goûtes
Ça, l’on ne verra plus que nous deux sur les routes
De Sèvres à Clamart et de Meudon au Pecq,
Avec des propos gais, mais retenus au bec.
Nous rentrerons vanés, fauchés — l’or embarrasse
Parfois — et puis nous dormirons, chair lasse,
Après, hein ? Si tu veux, des manières à nous.
Et je commencerai la fête à tes genoux.