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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, III.djvu/20

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élégies


Pour des commencements banals certes, c’en sont
À ces amours, ô vrai ! mes dernières, qui font
Comme un signe de croix sur mon vieux cœur en peine
Entre le bien, le mal, la tendresse et la haine
Enfin au port, un port orageux, mais un port
Pour ce qui me reste de vie et pour la mort !
Avons-nous voyagé, dis, ma puissante reine,
Étoile de la mer, ô toi toujours sereine
À travers ce pullulement d’affreux dangers.
Écueils, naufrages, calmes plats tant partagés ?
Avons-nous traversé des rages, des misères,
Heurts de cœurs violents et chocs de caractères,
Disputes, pis encore, trahisons, pis encor,
Finalement la paix, n’est-ce pas ? paix en or,
Paix pour de bon, paix définitive et sans trêve ?
Ah ! ce serait le but et ce serait le rêve
Mieux encore que conjugal, presque chrétien


Ô l’humble bouchon d’où m’afflua tout ce bien…