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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, III.djvu/197

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LXXXVIII

POUR ROBERTE


À Henri Deyrou.


Seconde âme de mon ami, son autre cœur,
Roberte, or, vous voici veuve… pour une année,
Et je viens avec vous penser à sa langueur
À lui loin de vos yeux à vous, sa Destinée

En quelque sorte, et très pieusement je viens
Et reviens avec vous tristement vous redire
Qu’il pleure autant que vous et que, non son martyre
(Ce serait blasphémer, car nous sommes chrétiens)

Mais son impatience est égale à la vôtre.
Et ne faisons donc plus ici le bon apôtre
Et parlons franchement d’un chagrin trop réel.

Sans rien exagérer puisque, Roberte chère,
Il va bien, il vous aime bien et que son ciel
C’est de vous revoir comme il est sûr de le faire.