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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, III.djvu/15

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élégies

Je t’aime, moi, barbon, toi, plus une ingénue,
D’une amour, comme de printemps, tard survenue
Et d’un élan, aussi, médité, concerné,
Mariant mon déclin à ta maturité.

Ô ta maturité plus belle et plus jolie
Que telle adolescence à la taille qui plie
Et que tels vingt-cinq ans certes très savoureux
Mais trop fringants pour faire assez mes sens heureux !
Toi, simple et, par la loi des choses, reposée
Moyennant toutefois parfois une fusée
De franche passion et de goût aux ébats,
Tu sais porter le poids divin de tes appas
Comme un soldat instruit porte à l’aise ses armes,
Et manier avec autorité tes charmes.

Et puis, ô ton bon sens, et puis, ô la gaîté.
Ta raisonnable et fine et sans rien d’apprêté
Gaité ! Sages conseils souvent épicés d’ire
Plaisamment simulée et finissant en rire.

Le Bottin ne saurait nombrer les agréments.
Ta conversation éclate en mots charmants
Plus naïfs que roués, bien que roués quand même,
Et pour tout dire enfin, excitants à l’extrême
Grâce à ton visage enfantin et grâce à la
Lèvre supérieure en avant que voilà,