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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, III.djvu/144

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XLIV

CHANSON POUR L…


« Enfin, après deux ans, je te revois » — et t’aime
Pour de bon cette fois,
À cause de ton corps d’abord, et surtout même,
En raison de ta voix

Si bonne et si calmante et qui dicte des choses
Paisibles à mon cœur
Un peu cruel mais doux au fond telles aux roses
Les épines et, sœur

Presque aimée à cause de la génie sagesse
À travers tant et tant
De gaieté polissonne, et de cette largesse
D’un cœur pourtant prudent,

Que ton cœur et mon cœur régnent donc sans consteste
Sus notre vie à tous
Les deux — et dès ce soir (ô jour, je te déteste !)
Soyons-nous bons et doux !