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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, III.djvu/117

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XIX

À IRÉNÉE DECROIX


Où sont les nuits de grands chemins aux chants bachiques
Dans les Nords noirs et dans les verts Pas-de-Calais,
Et les canaux périculeux vers les Belgiques
Où, gris, on chavirait on hurlant des couplets ?

Car on riait dans ces temps-là. Tuiles et briques
Poudroyaient par la plaine en hameaux assez laids ;
Les fourbouyères, leurs pipes et leurs bourriques
Dévalaient sur Arras, la ville aux toits follets

Poignardant, espagnols, ces ciels épais du Flandre ;
Douai brandissait de son côté, pour s’en défendre,
Son lourd beffroi carré, si léger cependant ;

Lille et sa bière et ses moulins à vent sans nombre
Bruissaient. — Oui, qui nous rendra, cher ami, l’ombre
Des bonnes nuits, et les beaux Jours au rire ardent ?