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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, III.djvu/114

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XVI

RAYMOND DE LA TAILHÈDE


Un jour que la nature avait fuit de bons rêves,
Elle vit s’éveiller Raymond de la Tailhède
Aux bords où, pour charmer l’ennui des heures brèves,
Le joyeux troubadour procède de l’aède.

Pâle implacablement avec des fois la rose,
Sur la joue et le front, de vingt ans pas encore,
Et, séduisante aussi par-dessus toute chose,
Cette vivacité, mercure, éther, phosphore !

Petit, ainsi qu’il sied à ces futurs grands hommes,
Mais si haut de mépris pour le siècle où nous sommes
Qu’il évoque Éliogabale, qu’il l’assume

Et qu’il l’incarne, en haine de l’heure mauvaise,
Absolument indifférent à la coutume,
D’ailleurs correct et gentleman à la française.