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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/88

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IV


 
Ma cousine Élisa, presque une sœur aînée —
Mieux qu’une sœur, ô toi, voici donc ramenée
La saison de malheur où tu me quittas pour
Ce toujours, — ce jamais ! Le voici de retour
Le jour affreux qui m’a sevré de l’aile douce
Où m’abriter contre tel chagrin de Tom Pouce,
Tel bobo. Certes oui, pauvre maman était
Bien, trop ! bonne, et mon cœur à la voir palpitait,
Tressautait, et riait, et pleurait de l’entendre.
Mais toi, je t’aimais autrement, non pas plus tendre
Plus familier, voilà. Car la Mère est toujours
Au fond redoutée un petit et respectée
Absolument, tandis qu’à jamais regrettée,
Tu m’apparais, chère ombre, ainsi qu’en ton vivant,
Blonde et rose au profil pourtant grave et rêvant
Avec de beaux yeux bleus où s’instruisait mon âme
De tout petit garçon, et plus tard, où la flamme
De ma forte amitié chaste d’adolescent