Ouvrir le menu principal

Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/57

Cette page a été validée par deux contributeurs.




À FERNAND LANGLOIS


Vous vous êtes penché sur ma mélancolie,
Non comme un indiscret, non comme un curieux,
Et vous avez surpris la clef de ma folie,
Tel un consolateur attentif et pieux ;

Et vous avez ouvert doucement ma serrure,
Y mettant tout le temps, non ainsi qu’un voleur,
Mais ainsi que quelqu’un qui préserve et rassure
Un triste possesseur peut-être recéleur.

Soyez aimé d’un cœur plus veuf que toutes veuves,
Qui n’avait plus personne en qui pleurer vraiment,
Soyez béni d’une âme errant au bord des fleuves
Consolateurs si mal avec leur air dormant ;

Que soient suivis des pas d’un but à la dérive
Hier encor, vos pas eux-mêmes tristes, ô
Si tristes, mais que si bien tristes ! et que vive
Encore, alors ! mais par vous pour Dieu, ce roseau,