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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/442

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XVI


Je ne suis pas jaloux de ton passé, chérie,
Et même je t’en aime et t’en admire mieux.
Il montre ton grand cœur et la gloire inflétrie
D’un amour tendre et fort autant qu’impétueux.

Car tu n’eus peur ni de la mort ni de la vie,
Et, jusqu’à cet automne fier répercuté
Vers les jours orageux de ta prime beauté,
Ton beau sanglot, honneur sublime, t’a suivie.

Ton beau sanglot que ton beau rire condolait
Comme un frère plus mâle, et ces deux bons génies
T’ont sacrée à mes yeux de vertus infinies
Dont mon amour à moi, tout fier, se prévalait

Et se targue pour t’adorer au sens mystique :
Consolations, vœux, respects, en même temps
Qu’humbles caresses et qu’hommages ex-votants
De ma chair à ce corps vaillant, temple héroïque