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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/43

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amour

Et je vois l’Orgueil et la Luxure
Parmi la réponse : tel un cor
Dans l’éclat fané d’un vil décor,
Prêtant sa rage à la flûte impure.
Quel décor connu mais triste encor !
C’est la ville où se caille et se lie
Ce passé qu’on boit jusqu’à la lie,

C’est Paris banal, maussade et blanc,
Qui chantonne une ariette vieille
En cuvant sa « noce » de la veille
Comme un invalide sur un banc.
La Luxure me dit à l’oreille :
Bonhomme, on vous a déjà donné.
Et l’Orgueil se tait comme un damné.

Ô Jésus, vous voyez que la porte
Est fermée au Devoir qui frappait,
Et que l’on s’écarte à mon aspect.
Je n’ai plus qu’à prier pour la morte.
Mais l’agneau, bénissez qui le paît !
Que le thym soit doux à sa bouchette !
Que le loup respecte la houlette !

Et puis, bon pasteur, paissez mon cœur :
Il est seul désormais sur la terre,
Et l’horreur de rester solitaire
Le distrait en l’étrange langueur