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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/416

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odes en son honneur

Douce au pauvre et naïve envers tous et que bonne
Sous un dehors souvent brutal qui vous étonne,
Vous, les gens, mais dont j’ai vite su les arcanes !
Douce et bonne et naïve, âme exquise qui planes

Au-dessus de tout préjugé bête ou féroce,
Au-dessus de l’hypocrisie et du cant rosse
Et du jargon menteur et de l’argot fétide
Dans la région pure où la haine s’ignore,
Où la rancune expire, où l’amour pur arbore
Sur la blancheur des cieux sa bannière candide.
Ô résignation infiniment splendide.

En ce jour de ta fête et malgré nos frivoles
Préoccupations moins coupables que folles
De baisers redoublés pour le cas, et l’antienne
Plus gentille encor qu’excessive des mots lestes,
Recueillons-nous pourtant, pensons aux fins célestes
Afin qu’après ma mort ou, las ! après la tienne,
Le survivant pour l’absent prie, ô ma chrétienne !