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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/409

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I


Tu fus une grande amoureuse
À ta façon, la seule bonne
Puisqu’elle est tienne et que personne
Plus que toi ne fut malheureuse
Après la crise de bonheur
Que tu portas avec honneur,

Oui, tu fus comme une héroïne,
Et maintenant tu vis, statue
Toujours belle sur la ruine
D’un espoir qui se perpétue
En dépit du Sort évident,
Mais tu persistes cependant.
 
Pour cela, je t’aime et t’admire
Encore mieux que je ne l’aime
Peut-être, et ce m’est un suprême
Orgueil d’être meilleur ou pire
Que celui qui fit tout le mal.
D’être à tes pieds tremblant, féal.