Ouvrir le menu principal

Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/38

Cette page a été validée par deux contributeurs.


À MADAME X...


EN LUI ENVOYANT UNE PENSÉE


Au temps où vous m’aimiez (bien sûr ?),
Vous m’envoyâtes, fraîche éclose,
Une chère petite rose,
Frais emblème, message pur.

Elle disait en son langage
Les « serments du premier amour » :
Votre cœur à moi pour toujours
Et toutes les choses d’usage.

Trois ans sont passés. Nous voilà !
Mais moi j’ai gardé la mémoire
De votre rose, et c’est ma gloire
De penser encore à cela.

Hélas ! si j’ai la souvenance,
Je n’ai plus la fleur, ni le cœur,
Elle est aux quatre vents, la fleur.
Le cœur ? mais, voici que j’y pense,