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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/28

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amour

Sur un rythme brutal comme l’ennui maussade
Qui martelait mes jours coupables d’autrefois :


Solitude du cœur dans le vide de l’âme,
Le combat de la mer et des vents de l’hiver,
L’orgueil vaincu, navré, qui râle et qui déclame,
Et cette nuit où rampe un guet-apens infâme,
Catastrophe flairée, avant-goût de l’Enfer…!


Voici trois tintements comme trois coups de flûtes,
Trois encor, trois encor ! l’Angelus oublié
Se souvient, le voici qui dit : Paix à ces luttes !
Le Verbe s’est fait chair pour relever tes chutes,
Une vierge a conçu, le monde est délié !


Ainsi Dieu parle par la voix de sa chapelle
Sise à mi-côte à droite et sur le bord du bois…
Ô Rome, ô Mère ! Cri, geste qui nous rappelle
Sans cesse au bonheur seul et donne au cœur rebelle
Et triste le conseil pratique de la Croix.


— La nuit est de velours. L’estacade laissée
Tait par degrés son bruit sous l’eau qui refluait,
Une route assez droite heureusement tracée
Guide jusque chez moi ma retraite pressée
Dans ce noir absolu sous le long bois muet.


Janvier 1877.