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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/213

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XXX


L’amour de la Patrie est le premier amour
Et le dernier amour après l’amour de Dieu,
C’est un feu qui s’allume alors que luit le jour
Où notre regard luit comme un céleste feu,

C’est le jour baptismal aux paupières divines
De l’enfant, la rumeur de l’aurore aux oreilles
Frais-écloses, c’est l’air emplissant les poitrines
En fleur, l’air printanier rempli d’odeurs vermeilles !
 
L’enfant grandit, il sent la terre sous ses pas
Qui le porte, le berce, et, bonne, le nourrit.
Et douce, désaltère encore ses repas
D’une liqueur, délice et gloire de l’esprit.

Puis l’enfant se fait homme ou devient jeune fille,
Et cependant que croît sa chair pleine de grâce,
Son âme se répand par-delà la famille
Et cherche une âme sœur, une chair qu’il enlace ;