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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/201

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bonheur


De ces tentations je me sauve à nouveau
En des moralités juste à mon seul niveau ;

Et c’est d’un examen méthodique et sévère,
Dieu qui sondez les reins ! que je me considère.

Scrutant mes moindres torts et jusques aux derniers,
Tel un juge interroge à fond des prisonniers.

Je poursuis à ce point l'humeur de mon scrupule,
Que de gens ont parlé qui m’ont dit ridicule.

N’importe ! en ces moments est-ce d’humilité ?
Je me semble béni de quelque charité,

De quelque loyauté, pour parler en pauvre homme.
De quelque encore charité. — Folie en somme !

Nous ne sommes rien. Dieu c’est tout. Dieu nous créa,
Dieu nous sauve. Voilà ! Voici mon aléa :

Prier obstinément. Plonger dans la prière,
C’est se tremper aux flots d’une bonne rivière

C’est faire de son être un parfait instrument
Pour combattre le mal et courber l’élément.

Prier intensément. Rester dans la prière
C’est s’armer pour l’élan et s’assurer derrière.