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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/197

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bonheur

Tu ne suscites pas l’aspic et la couleuvre
Contre un poème ou contre un poète. Ton œuvre,
Consolant les ennuis de ce morne séjour
Par un concert de foi, d’espérance et d’amour ;
Puis ne me fis-tu pas, avec le don de vivre,
Le don aussi, sans quoi je meurs ! de faire un livre,
Une œuvre où s’attestât toute ma quantité,
Toute, bien mal, la force et l’orgueil révolta
Des sens et leur colère encore qui sont la même
Luxure au fond et bien la faiblesse suprême,
Et la mysticité, l’amour d’aller au ciel
Par le seul graduel du juste graduel,
Douceur et charité, seule toute-puissance.
Tu m’as donné ce don, et par reconnaissance
J’en use librement, qu’on me blâme, tant pis.
Quant à quêter les voix, quant à tâter les pis
De dame Renommée, à ses heures marâtre,
Fi !

Fi ! Mais, pour en finir, leur foyer ou son âtre
Souffrent-ils de mon cas ? Quelle poutre en votre œil,
Quelle paille en votre œil de ce fait ? De quel deuil,
De quel scandale, vers ou proses, sont-ils cause
Dont cela vaille un peu la peine qu’on en cause ?