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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/184

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bonheur

Moyennant cette allure et par cette assurance
Il pourra bien germer des artistes en France.
Mais, plus de fioritures, bons petits,
Ni de ce pessimisme et ni du cliquetis
De ce ricanement comme d’armes faussées,
Et ni de ce scepticisme en sottes fusées ;
Autrement c’est la mort et je vous le prédis
De ma voix de bonhomme, encore un peu. Jadis.
Foin ! d’un art qui blasphème et fi ! d’un art qui pose,
Et vive un vers bien simple, autrement c’est la prose.
La Simplicité, — c’est d’ailleurs l’avis rara, —
Ô la Simplicité, tout-puissant, qui l’aura
Véritable, au service, en outre, de la Vie
Elle vous rend bon, franc, vous demi-déifie.
Que dis-je ? elle vous déifie en Jésus-Christ
Par l’opération du même Saint-Esprit
Et l’humblesse sans nom de son Eucharistie,
Sur les siècles épand l’ordre et la sympathie,
Règne avec la candeur et lutte par la foi,
Mais la foi tout de go, sans peur et sans émoi
Ni de ces grands raffinements des exégètes,
Elle trempe les cœurs, rassérène les têtes,
Enfante la vertu, met en fuite le mal
Et fixerait le monde en son état normal
N’était la Liberté que Dieu dispense aux âmes
Et dont le premier homme et nous, nous abusâmes
Jusqu’aux tristes excès où nous nous épuisons
Dans des complexités comme autant de prisons.