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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/177

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bonheur

Nous poussant comme par la tête
Vers l'abîme et prêts à tomber ;
Quant à moi, puisqu’il faut le dire.
Mes sens affreux et leur délire
Allaient me faire succomber,

Quand Vous parûtes, Dieu de grâce
Qui savez tout bien arranger,
Qui Vous mettez bien à la place,
L’auteur et l’ôteur du danger,
Vous me punîtes par moi-même
D’un supplice cru le suprême
(Oui, ma pauvre âme le croyait)
Mais qui n’était au fond rien qu’une
Perche tendue, ô qu’opportune !
À mon salut qui se noyait.

Comprises les dures délices,
J’ai marché dans le droit sentier,
Y cueillant sous des cieux propices
Pleine paix et bonheur entier,
Paix de remplir enfin ma tâche,
Bonheur de n’être plus un lâche
Épris des seules voluptés
De l’orgueil et de la luxure,
Et cette fleur, l’extase pure
Des bons projets exécutés,